Entreprenariat : Les startups se développent mieux grâce à l’annulation des Hackathons pendant le confinement

Très loin des conséquences désastreuses de la crise sanitaire, sociales et aussi économiques du Coronavirus, alias Covid19, cette bonne nouvelle pour les startups et les jeunes entrepreneurs nous parvient directement de l’association des fous-pitcheurs basée au TechnoGarden de Casablanca.

Après l’annulation de plusieurs Hack-à-thons et événements très attendus par les jeunes génies marocains de la tech, les équipes des startups du digital (en général le fondateur, qui est à mi-temps et qui n’y croit plus, et quelques stagiaires qui viennent de commencer à croire aux millions) étaient au début inquiets car cela les empêcherait de «netwerker », de mettre leurs costards au moins une fois cette année et de distribuer leurs cartes visite fait avec du papier toilette recyclé et portant un Cuillère Code.

Mais après 6 semaines de confinement, plusieurs startups connaissent une croissance brusque du nombre de clients et du chiffre d’affaires, à tel point que la plupart des fondateurs casablancais pensaient que les nombreux appels et emails de commandes émanaient de fautes de frappes, de bugs d’accheminement de gmail ou de canulars de concurrents Rabatis envieux qui veulent pourrir la vie à ces jeunes entrepreneurs Casablancais pleins de talent qui veulent atteindre la lune, mais qui n’y arrivent pas car le ciel est la limite (Sky is the limit), dicton célèbre issu des nombreux bouquins-bibles du business outre-atlantique qu’ils paginent un peu à chaque appel du banquier qui demande si la boite a coulé ou pas encore, à force de voir vivoter les quelques dirhams sur leurs comptes chèques depuis plusieurs mois.

« Finalement je ne regrette pas l’annulation de ces hackathons pendant lesquels je suis obligée de passer la nuit à faire semblant de brain-stormer et dormir sur des lits gonflables qui sentent les pieds» nous déclare Sara, 23 ans, fraichement diplômée d’ECC (Ecole commerciale de commerce), à bord de sa Fiat 500 rouge boubalou et fondatrice de la startup Nodonod spécialisée dans la vente d’objets connectés anti-vol de chaussures Louboutin et de sacs à main Louis Vuitton. Après 6 ans de difficultés à trouver des clients intéressées par son produit, la première semaine de confinement l’a suffi pour identifier un nouveau créneau complètement inattendu de clientes très intéressées par ses produits : les femmes issues des milieux huppés (U.P. pour les anglophones), qui peuvent s’offrir des produits de luxe et qui déambulent sans crainte et pendant toute la journée en ville portant leurs trésors sur eux.

« Finalement je ne regrette pas l’annulation de ces hackathons pendant lesquels je suis obligée de passer la nuit à faire semblant de brain-stormer et dormir sur des lits gonflables qui sentent les pieds.»

« Grâce à la concentration inhabituelle causée par le confinement, je me suis mis, pour la première fois depuis 2 ans à travailler sérieusement sur mon projet. J’ai pris le temps d’affiner mon business plan, d’appeler des clients et de comprendre réellement leurs problèmes de tous les jours. Cela m’a aidé à améliorer mon produit et à faire croitre mes ventes. C’est simple et magique. Pourtant personne ne m’a appris cela pendant les nuits blanches des hackathons, ni pendant les journées noires des programmes d’incubation et de coaching » nous confie Amine, 42 ans, 120 kg à force de s’ingurgiter des mini-pizzas et petit fours pendant les soirées interminables de mentoring organisées par le collectif EFMS (Les Entrepreneurs qui cherchent à Fourguer leurs Marchandises pendant des Soirées). Pendant notre rencontre, Amine est apparu tout excité à l’idée de pouvoir faire enfin décoller son entreprise sans pour autant perdre tout son temps dans ces événements. Plus encore, Amine passera plus de temps avec sa famille pour sauver son mariage, à se former et livrer des livres, et même à faire de la marche pour commencer à perdre les kilos qu’il a accumulés pendant toutes ces années. C’est du jamais vu dans le monde des jeunes entrepreneurs au Maroc.