Si vide d’espoir est le monde du dehors que deux fois plus précieux m’est le monde du dedans.

Pour le défi de cette semaine dans le programme Najtaz, il s’agit de traduire et d’expliquer la citation suivante :

Si vide d’espoir est le monde du dehors que deux fois plus précieux m’est le monde du dedans.

Emily Brontë

Voici comment j’ai traduit cette citation en arabe :

“افتقاد الأمل في العالم الخارجي یضاعف من تشبتي بالعالم الداخلي”

إميلي برونت

Auteur

L’auteur de cette citation, Emily Brontë, est une poétesse et romancière qui a vécu au Royaume-Uni au 19ᵉ siècle. Elle a écrit un seul roman, Wuthering Heights, qui est un classique de la littérature anglaise et donc mondiale.

Emily Brontë a vécu une grande partie de sa vie dans une seule ville, une seule maison qui se situait dans une paroisse où son père était pasteur. Petite, avec ses frères elle avait le loisir de créer ses propres mondes imaginaires qui les poussent à écrire des récits des poèmes, des articles et des mises en scène. Elle a participé à la création du royaume imaginaire du Gondal avec ses propres personnages et caractères.

Le sens de la citation

Quand j’avais 8 ans, mon père avait l’habitude de s’absenter de la maison pour plusieurs semaines. Il était chef mécanicien dans un chalutier. Pendant un été, chaque matin quand je me réveillais, quand je ne le retrouvais pas, le monde me paraissait sans intérêt. L’espoir brut et naturel du petit enfant que j’étais diminuait chaque jour. Mais au cours de la journée, se lassant de mes jouets et étant seul dans la cours, je me mettais à imaginer à quoi ressemblerait les amis marins de mon père, leurs habits, outils, heures de travail, de repas, leurs chambres, blagues, expressions, leurs visages aux moments de capture et de mauvais temps, gestes, dialogues et engueulades avec le peu de vocabulaire que j’avais. Chaque jour d’absence de mon père doublait les personnages et situations auxquels je donnais naissance. Ce monde marin imaginaire m’aidait à me sentir comme dans le même bateau que mon père. J’oubliais le temps, je l’attendais sereinement.

Par cette citation, Emily Brontë nous décrit la valeur qu’elle porte à son imaginaire, qui est
deux fois plus précieux que le monde réel où elle ne trouve pas sa place et n’espère rien en retour.

Qu’est-ce que serait le monde sans les imaginaires de ses habitants. Une prison à ciel ouvert. Plus aucun moyen de s’évader. Les habitants de ce monde seraient désespérés. Ils n’auraient aucune envie de vivre, aucun courage de continuer une conversation, une musique, une page d’un livre ou aller au bout des choses, manquant de cette imagination qui les tient au bout du fil et qui les laisse s’attendre au meilleur comme au pire.

Mais y aurait-il des livres ou une forme quelconque de création sans imagination ? Je préfère maintenant arrêter d’y penser.