Mot de Naguib Mahfouz à la réception du Prix Nobel

Le défi de Najtaz pour cette semaine est d’analyser le mot de Naguib Mahfouz à sa réception du prix Nobel de littérature le 13 octobre 1988.

رغم كل ما یجرى حولنا فإننى ملتزم بالتفاؤل حتى النهایة. لا أقول مع الفیلسوف
«كانت» إن الخیر سینتصر فى العالم الآخر، فإنه یحرز نصرا كل یوم، بل لعل
الشر أضعف مما نتصور بكثیر، وأمامنا الدلیل الذى لا یجحد، فلولا النصر
الغالب للخیر ما استطاعت شراذم من البشر الهائمة على وجهها عرضة للوحوش
والحشرات والكوارث الطبیعیة والأوبئة والخوف والأنانیة ، أقول لولا النصر
الغالب للخیر ما استطاعت البشریة أن تنمو وتتكاثر وتكون الأمم وتكتشف وتبدع
وتخترع وتغزو الفضاء وتعلن حقوق الإنسان، غایة ما فى الأمر أن الشر عربید
ذو صخب ومرتفع الصوت، وأن الإنسان یتذكر ما یؤلمه أكثر مما یسره، وقد
صدق شاعرنا أبو العلاء عندما قال : إن حزنا ساعـة الموت أضعاف سرور
ساعة المیلاد.

كلمة نجيب محفوظ فى حفلة تسليم جايزة نوبل –  13 اكتوبر 1988

Je vais essayer donc de traduire son mot en français pour ceux qui veulent goûter à la sagesse de cet écrivain :

Malgrés tout ce qui se passe autour de nous, je me suis engagé d’être optimiste jusqu’à la fin. Je ne suis pas du même avis que le philosophe Kant qui dit que le bien gagnera à la fin, car il marque la victoire chaque jour, mais que le mal est beaucoup plus faible que ce qu’on pense. Et qu’on a devant nous la preuve irréfutable de ceci, car sans la victoire écrasante du bien, il n’aurait pas été possible pour quelques groupes d’humains errants sujets aux monstres, insectes, catastrophes naturelles, épidémies, peur et égoïsme, je veux dire que sans la victoire écrasante du bien, il n’aurait pas été possible pour l’humanité qu’elle se développe, s’accroisse, constitue des nations, découvre, créé, invente, conquiert l’espace et annonce les droits de l’homme. La vérité est que le mal est un monstre bruyant dont la voix est haute, et que l’humain se rappelle de ce qui lui fait mal, plus que ce qu’il lui plait, et qu’avait raison le poète Abu-l-Ala al-Maari quand il a dit “Le malheur de l’heure de l’agonie est plusieurs fois plus grand que le bonheur de l’heure de naissance”

Essai de traduction du mot de Naguib Mahfouz à la réception du Prix
Nobel le 13 octobre 1988