Mohamed Arkoun et son recueil des “Aspects de la pensée musulmane”

Mohamed Arkoun est un islamologue d’origine Algérienne qui a vécu de 1928 à 2010.

Agrégé en littérature arabe et docteur en philosophie, il est à l’origine de la discipline de l’”Islamologie Appliquée » qu’il a enseigné dans diverses universités en Europe et aux États-Unis (Princeton, Philadelphie). Il n’a cessé d’appeler, à travers ses écrits, à une réforme des sociétés islamiques contemporaines, voire une « subversion » de l’islam et de l’ouverture des musulmans à la parole et à la raison.

En 1963, à l’âge de 35, il créé en tant que maitre assistant à la Sorbonne le cahier ‘Aspects de la pensée islamique classique’ pour faire gouter des élèves de terminal aux sublimes textes de cette pensée.

Le premier passage qui a attiré mon intention est celui de Moutanabi à la page 10 « Vis puissant ou meurs plein de gloire, dans le fracas des lances au bruit des tambours ». Cette maxime rappellerait certainement les lecteurs occidentaux des textes plus proche de leur culture : l’esprit épique d’Homère et la conduite chevaleresque de Don Quichotte.

Le deuxième passage est celui d’Al-Maarri à la page 11, rappelant l’éternel débat philosophique de la liberté de l’Homme « Durant l’espace de temps compris entre ma naissance et ma mort, mes actions sont-elles soumises au destin ou suis-je libre d’agir à ma guise ? ».

Le troisième extrait est celui du critique Ibn Charaf a Qayrawani rappelant, à la page 25, la « subversion » faite à la poésie arabe au 9e par un poète rebelle « … où les bases de la langue arabe étaient sapées et décomposées, où les vrais talents paraissaient ennuyeux et fastidieux, le public prit goût et s’attacha à la poésie d’Abou Nouwâs qui lui dépeignait ce qu’il connaissait bien et ce à quoi il était accoutum锑