Les tonneaux vidés de Abu-l-Ala al-Maari

خوى دَنُّ شَرب فاستَجابوا إلى التقى، فعيسُهُمُ نحوَ الطّوافِ خوادي

Abu-l-Ala al-Maari

“Une fois le tonneau vidé du breuvage, ils répondent aux appels des sages.
Ils accourent aussitôt au pèlerinage sur le dos de leurs chameaux”

Traduction difficile en français d’un vers qui est sans doute plus éloquents en arabe.

À travers lesquels le poète Abu-l-Ala al-Maari nous décrit des personnes qui, une fois terminé de boire tout le vin dont ils disposaient, répondent aux appels à la dévotion et se mobilisent pour se rapprocher de Dieu à travers le pèlerinage.

Certes ces vers datent d’environ 1000 ans, mais je reconnais dans ces personnes que le poète a décrites de nombreux autres qui vivent entre nous actuellement. Celui du jeune qui reprend goût à la prière et au trajet de la mosquée seulement pendant le mois de ramadan, car il n’a plus d’autres choix. Celui du commerçant qui se déguise en sage, après plusieurs années de débauche achevées souvent par quelques mois en prison, répétant un “hdani lah” aux clients pour mieux vendre son histoire et sa marchandise. Ou encore celui du “haj” qui accourent au pèlerinage chaque année, mais qui, une fois de retour chez lui, après la cérémonie grandiose d’accueil à l’aéroport, ne s’empêche pas de commettre les actions les plus malsaines qui soient pendant toute l’année. En attendant de “laver” ses péchés aux prochaines tournées de la Mecque.

Loin de la débauche, si on considère les deux choix qui s’offrent à toute personne à chaque instant : faire des actions sages et utiles OU succomber à la tentation de la facilité et de la futilité.

Pour pouvoir choisir la première option, à mon avis, il faudrait avoir l’expérience de la deuxième. En d’autre terme, tout le monde, avec des degrés différents, passent par le mauvais pour atteindre le bon. Il n’y aurait pas de pèlerinage sans le péché.