Le no-code, c’est quoi ?

Plus de 10 ans que je m’intéresse aux outils et plateformes (et j’en parle) qui facilitent la tâche pour créer des outils web (wordpress, flex, …), j’ai remarqué cette année une effervescence et un enthousiasme autour de ces types d’outils qu’on appelle désormais ‘no-code’ (Bubble, WebFlow …)

En gros c’est un rêve pour les personnes qui n’ont ni le temps, ni la capacité (cérébrale) d’apprendre à coder ni les moyens d’engager des développeurs pour créer une application web pour lui ou ses clients …

Des clients ? Oui, je le disais depuis toujours, ces plateformes no-code sont une opportunité pour les profils qui s’intéressent à monter des business pour proposer rapidement des produits digitaux et les tester concrètement sur le terrain. L’approche Lean prend du coup tout son sens grâce au no-code.

Early-adopters : les non techniques

En recevant cette vidéo d’un ami, j’ai compris que c’est exactement ce qu’a réalisé le fondateur de Bubble au lancement de son entreprise : il s’est concentré sur les clients non techniques qui cherchent à créer des applications web pour leurs startups, ce qui a permis à Bubble de tenir le coup et de perdurer, à la différence de plusieurs autres plateformes no-code qui s’acharnaient à convaincre des clients de développeurs.

Il a résumé cela en une phrase : “Quand un développeur teste Bubble, il regarde les lacunes et les features qu’on ne peut pas réaliser avec. Quand un entrepreneur teste Bubble, il dit Oh mon dieu ! On peut vraiment faire ça avec ?!”

Écosystème

Ce qui est intéressant, c’est qu’autour de ces plateformes no-code se crée un écosystème de groupes et entreprises qui profitent de cette mouvance et font des choses qui n’étaient pas possibles il y a quelques années.

Premier exemple : les nouveaux types d’agence web qui se créent, comme ZeroQode, et qui proposent des formations pour faciliter l’apprentissage de Bubble, du développement spécifique, et même des templates ‘prêts à lancer’ d’applications web faites avec Bubble et qui n’attendent de vous que de changer le logo et le nom de domaine pour être utilisé à votre avantage.

Bootstrapping

Le deuxième exemple est celui des startups qui ‘bootstrappent’ et n’écrivent aucune ligne de code avant d’arriver au Product Market Fit (PMF), comme comet qui ont démarré leur plateforme de mise en relation de freelances et de grande entreprises en mettant en ligne une plateforme web conçue avec Bubble. Ils n’ont décidé de développer une plateforme web plus avancée et scalable, et donc d’avoir un CTO, jusqu’à la deuxième année après leur démarrage.

Si vous êtes développeur ne vous inquiétez pas, cela ne veut pas dire qu’on n’aura plus besoin de vous. Au contraire, votre place sera dans des domaines plus poussés comme l’IA et la data science. Sans oublier que même ces entreprises de plateformes no-code auront besoin de plus en plus de développeurs qui ont une capacité d’abstraction et une volonté de démocratiser la création d’applications web de gestion.

Pour l’éducation et les ONG

Loin du monde des startups, je pense que le no-code va être décisif également dans le milieu des ONG et de l’éducation.

Imaginez ce que pourrait donner l’accès à ce genre d’outils dans l’organisation et l’autonomie digitale des associations et organismes sans but lucratif qui se battent chaque jour contre le manque de moyens.

Imaginez ce que des étudiants pourraient en tirer comme avantages en s’entraînant à concevoir et créer des plateformes web et adopter une vision plus productive que consumériste du digital.