Le musée archéologique de Youssoufia

Je vais bientôt boucler les 2 ans à Youssoufia.

2 ans à côtoyer plus de 100 jeunes de la région, qui ont les mêmes objectifs de développer leurs compétences, leurs visions du monde et préparer leurs avenirs.

La plupart de ces jeunes rêvent d’une situation économique décente pour pouvoir avancer dans la vie. Peu d’entre entre eux imaginent une vie décente à Youssoufia. Il suffit de faire un tour dans la ville pour comprendre que sa situation économique n’inspire pas espoir à ces jeunes.

Un jeune de Youssoufia passe un an à ACT School pour devenir autonome, pour lire et comprendre des textes en français sans dépendre d’une autre personne, écrire des textes ou e-mails me pour s’exprimer ou proposer des choses, échanger et collaborer avec d’autres pour réaliser des objectifs ou sortir avec des produits ou services …

Devenir autonome pour préparer la suite : être util dans une entreprise ou créer son activité et commencer à vendre des produits ou sévices aux premiers clients.

La suite dépend donc de comment il se débrouillera pour valoriser ses compétences auprès des clients qu’il arriverait à convaincre. Et vu la polarité et la difficulté d’accès aux appels d’offres du pôle de la région qui n’est autre que OCP, la plupart de ces jeunes seront obligés de tisser des liens à l’extérieur de la ville pour se développer. Et commencent donc d’autres difficultés de logistique et de préparation à la concurrence rude …

J’appellerais cela un manque de dynamique. Un manque de vision globale qui insuffle l’espoir et qui pousse les jeunes à être créatif et force de proposition, en ayant en tête de participer à quelque chose d’unique, dans leurs régions natales.

Pourquoi je vous raconte tout cela ?

J’ai écouté aujourd’hui un podcast de Radio Maarif sur les dinosaures.

J’ai compris grâce à ce podcast que le Maroc détient des quantités considérables de fossiles et squelettes de disnausores. On en trouve tous les jours, surtout dans les régions du phosphate comme Youssoufia. On peut créer des dizaines de musées archéologique et géologiques grâce à tous les fossiles qu’on trouve tous les jours. D’après l’échange dans le podcast que je vous invite à écouter pour comprendre cela en détails.

Imaginez Youssoufia avec son grand musée archéologique qui expose les meilleurs squelettes de dinosaures découverts dans la région, et qui peut attirer les habitants des villes aux alentours (Marrakech, Safi, El Jadida, Casablanca) et même depuis l’étranger. Ajoutez à ce musée celui de l’histoire du plus viel homme sur terre de Ighoud (je continu a imaginer là), et vous pouvez avoir une région touristique attractive pour les nombreux amateurs d’archéologie, de dinosaures, de géologie (les enfants et familles, les scientifiques, les randonneurs, les étudiants … ). Imaginez l’effervescence économique et le soulagement social que ce genre de projet pourrait offrir à une telle région.

Dans ce cas les jeunes auront une raison plus concrète de vouloir se développer et contribuer à l’image de leur région, à travers leurs passions qu’ils mettront au profit de l’industrie des musées archéologiques et toutes les disciplines qui graviteront autour.

Dans ce cas, tous les jeunes qu’on accompagne et qui deviennent photographes, développeurs web, créateurs de décors, film makers, designers, codeurs et artistes pourront avoir une raison de développer encore plus leurs compétences par la suite et pouvoir vivre de la dynamique qui se crée autour de ce type de tourisme. Sans parler des commerces et services usuels de la ville qui se développeront aussi sans doute.

Certes ce genre de projet nécessite des grands investissements pour bâtir l’infrastructure et s’entourer des meilleurs spécialistes pour assurer la formation des équipes qui vont faire fonctionner et perdurer tout cela. Mais je trouve que les investissements, ce n’est sûrement pas ce qui manque.

Ce qui manque, à mon sens, est la vision qui couple le renforcement économique de la ville au développement social de ses habitants, et surtout des plus jeunes d’entre eux qui manquent d’autonomie (dans le sens large du terme).

D’ici là, les jeunes que je connais font un effort sans égal pour continuer à se développer, ou au moins à exister, en attendant un souffle d’espoir qui pourrait leur montrer le chemin.